Direction 

Les chrétiens orientaux prient vers l'est, car c'est en Orient que Dieu a planté le jardin d'Éden (Genèse 2, 8), et c'est de l'Orient que notre Seigneur reviendra lors de la Parousie (Mathieu 24, 27; Malachie 4, 2), tel le soleil levant (Jean 8, 12; Révélation 22, 16). Nous prions donc vers l'Orient d'où nous avons été expulsés, exprimant ainsi notre désir d'y retourner, tout en anticipant la seconde venue de notre Sauveur.

 Postures 

Les chrétiens orientaux prient généralement debout, les mains croisées sur la poitrine, la droite par-dessus la gauche. Nous prions debout, car nous participons à la gloire de la Résurrection du Seigneur en nous levant, comme il s'est lui-même levé du tombeau. À cela s'ajoutent les métanies, ou prostrations, ainsi que les génuflexions, durant les périodes pénitentielles et les jours de jeûne. Durant l'office, nous nous prosternons donc trois fois pendant le chant du Trisagion, pendant la récitation du symbole de Nicée-Constantinople, lorsque la Passion et la mort de notre Seigneur sont commémorés, ainsi que pendant les doxologies des Teshbhoto, durant les offices du lilyo et du safro. Autrement, nous prions debout, où à genoux s'il s'agit d'une période de pénitence ou de jeûne. En raison du caractère glorieux de chaque dimanche et de la saison de la Résurrection, les génuflexions et les métanies sont interdites durant ces périodes.

 Actions liturgiques 

Quoiqu'il est possible de prier les offices seul à la maison, idéalement, les offices sont priés à l'église ou au monastère, en communauté et en présence d'un prêtre. Les instructions suivantes s'appliquent donc à la récitation communale de l'office, à l'église.

  • Répartition des textes.

    • Le prêtre dit la doxologie d'entrée, les prières qui débutent l'office et précèdent les hymnes, la prière d'imposition de l'encens, le proemion, le sedro et le 'etro.

    • Le diacre dit la korozouto et le stomen kalos et encense le sanctuaire, les clercs et les fidèles durant le sedro.

    • Le peuple, séparé en deux chœurs, chante les qolé, les psaumes, les chants des mazmouré et les bo'woto en alternance. Il répond aussi aux bénédictions du prêtre et aux instructions diaconales, notamment en disant le kyrie eleison.

  • Répartition en deux chœurs. Deux pupitres sont posés dans la nef, à l'entrée du sanctuaire, autour desquels se rassemblent les fidèles, en compagnie du prêtre et des autres membres du clergé, séparés en deux chœurs. Le prêtre se place au chœur septentrional, c'est-à-dire au chœur de gauche, et le diacre se place au chœur méridional, c'est-à-dire au chœur de droite. S’il y a plus d’un prêtre, les prêtres se répartissent dans les deux chœurs. Les strophes des hymnes sont chantées en antiphonie, c'est-à-dire qu'elles sont chantées en alternance par les deux chœurs. Le chœur septentrional entame l'hymne en chantant la première strophe. Chaque chœur chante une strophe et, le cas échéant, les versets psalmiques qui précèdent la strophe.​

  • Vêtements. L'office est séparé de la divine liturgie. Le prêtre porte donc la jibbé par-dessus sa soutane, et est coiffé de la tobiyyé. Il ne porte pas ses vêtements liturgiques, et il en va de même pour le diacre et pour les autres membres du clergé. Le prêtre se décoiffe de sa tobiyyé pour les lectures des saintes Écritures.

  • Rideau. Le rideau liturgique est fermé. L'office ne se prie pas à l'autel, ni au sanctuaire. Fidèles et clercs demeurent dans la nef.

  • Encens. Seul le prêtre peut imposer l'encens, et seuls le diacre ou le prêtre peuvent encenser. En l'absence de prêtre, nous ne pouvons pas imposer l'encens ni encenser pendant le sedro.

  • Lectures. Des lectures sont assignées à chaque ordre clérical. Le psalmiste chante les psaumes et lit les autres livres de l'Ancien testament, hormis ceux des prophètes. Le lecteur lit les livres des prophètes. Le sous-diacre lit les Actes et les épîtres catholiques. Le diacre lit les épîtres de Saint Paul. L'archidiacre, le prêtre, le périodeute, le chorévêque et l'évêque lisent les évangiles. Dans la pratique, il est commun d'assigner la lecture des évangiles au diacre et, en l'absence de clercs mineurs, d'inviter des laïcs à lire les saintes Écritures hormis les évangiles. Tous les livres des saintes Écritures peuvent être chantés plutôt que lus. Les lectures sont prescrites au safro et au ramsho, entre le mazmouro et la bo'outo. Différents lectionnaires pour l'office divin sont en usage dans l'Église syriaque maronite d'Antioche, selon la langue d'usage et l'ordre monastique. S'il n'est pas possible d'avoir accès à un lectionnaire et qu'en l'occurrence, on désire sauter les lectures, il faut passer directement du mazmouro à la bo'outo.

  • Bénédictions. Seul le prêtre peut bénir l'assemblée et réciter le houtomo. En l'absence de prêtre, il faut omettre les bénédictions et le houtomo.

  • Instruments de musique. Les instruments de musique ne sont pas nécessaires au chant syriaque maronite, mais ils peuvent accompagner ce chant pour en marquer les mélodies. Traditionnellement, les mélodies étaient marquées par des cymbales (Psaume 150, 5).

  • Offices un à la suite de l'autre. Si, pour une quelconque raison, plusieurs offices sont récités un à la suite de l'autre, il faut répéter les prières d'introduction et de clôture (shouroyo w-shoumloyo) entre les offices, mais en omettant le symbole de Nicée-Constantinople.

  • Office précédant la divine liturgie. Si l'office précède la divine liturgie, comme c'était la tradition, il faut omettre le houtomo.

 Heures canoniques 

La division chrétienne des jours est héritée du Judaïsme. La journée commence et se termine le soir, au coucher du soleil. C'est donc le crépuscule du soir qui marque la fin d'une journée et le commencement d'une autre (Genèse 1, 5). Autrement dit, les offices du dimanche liturgique commencent le samedi soir du calendrier laïc, à 18h00, et se terminent durant l'après-midi du dimanche. Il en va de même pour les autres jours de la semaine. Les Églises syriaques ont divisé la journée en sept heures canoniques, c'est-à-dire sept heures de prière (Psaume 118, 164).

  • Ramsho (vêpres) : 18h00.

  • Soutoro (complies) : 21h00.

  • Lilyo (vigiles) : 0h00.

  • Safro (matines) : 6h00.

  • Tlotsho'in (tierce) : 9h00.

  • Felgeh d-yawmo (sexte) : 12h00.

  • Tsha'sho'in (none) : 15h00.

Jours de la semaine 

Les offices sont répartis selon les sept jours de la semaine (Genèse 2, 2). L'Église syriaque maronite d'Antioche associe un thème à chaque jour de la semaine.

  • Premier jour (dimanche) : Notre Seigneur Jésus Christ.

  • Deuxième jour (lundi) : Anges.

  • Troisième jour (mardi) : Anges.

  • Quatrième jour (mercredi) : Mère de Dieu.

  • Cinquième jour (jeudi) : Apôtres.

  • Sixième jour (vendredi) : Martyrs.

  • Sabbat (samedi) : Fidèles défunts.

 Livres 

Les offices syriaques maronites sont répartis dans quatre livres. Pour déterminer quel office prier, il faut savoir l'heure canonique, le jour de la semaine et la journée dans le calendrier liturgique.

  • Shhimto. La Shhimto contient les offices des jours ordinaires. Il s'agit donc de l'office commun. Elle contient les offices pour chaque heure canonique de chaque jour de la semaine. Nous prions les offices de la Shhimto durant les jours ordinaires. Il existe deux versions de la Shhimto. La Shhimto z'orto est la petite Shhimto. Les offices y sont complets, mais sans options alternatives. La Shhimto rabto est la grande Shhimto. Elle contient des options alternatives pour certaines prières et certains hymnes de la Shhimto z'orto, et elle contient aussi les offices de la Qyomtho. La Qyomtho est l'office du safro pour le dimanche de Pâques et pour les dimanches subséquents de la saison de la Résurrection, jusqu'à la Pentecôte. À la Qyomtho ont été ajoutés les offices du ramsho et du soutoro.

  • Fenqitho. La Fenqitho contient les offices des jours de fêtes. Il s'agit donc de l'office festal. Elle contient les offices du ramsho, du soutoro, du lilyo et du safro des jours de fêtes, ainsi que des dimanches de la saison des commémoraisons. Durant ces jours de fêtes, les offices de la troisième heure, de la sixième heure et de la neuvième heure sont pris de la Shhimto. La Fenqitho était une compilation d'offices festifs, sa compilation n'est pas nécessairement définitive, puisque l'ajout de fêtes au calendrier liturgique peut entraîner la création de nouveaux offices festifs. Les offices de la Fenqitho sont répartis en deux volumes : la Fenqitho d'hiver et la Fenqitho d'été.

  • Tedmrotho. La Tedmrotho contient les offices du Grand Carême. Elle est subdivisée en trois parties. La première partie est la fenqitho dsawmo, qui couvre les trois premières semaines et le quatrième dimanche, c'est-à-dire du dimanche de Cana au dimanche de l'enfant prodige. La deuxième partie est la tedmrotho proprement dite, aussi appelée la semaine des miracles, qui couvre les quatrième et cinquième semaines, c'est-à-dire du lundi suivant le dimanche de l'enfant prodige au dimanche de l'aveugle. La troisième partie est la semaine de Hosanna, qui couvre la sixième semaine, c'est-à-dire du lundi suivant le dimanche de l'aveugle au dimanche de Hosanna, ou dimanche des rameaux. Chacune de ces parties contient un cycle. Chaque cycle contient les offices du ramsho, du soutoro et du safro pour les jours de la semaine allant du lundi au samedi, sauf le cycle de Hosanna qui n'a pas d'offices pour le vendredi, car il s'agit du 40e jour du Grand Carême, le vendredi de l'arrivée au port, et les offices associés à ce vendredi sont ceux du vendredi du premier cycle, contenus dans la fenqitho dsawmo. Le cycle de la fenqitho dsawmo est donc utilisé durant les trois premières semaines, le cycle de la tedmrotho est utilisé durant les quatrième et cinquième semaines, et le cycle de Hosanna est utilisé durant la sixième semaine, sauf pour le vendredi de l'arrivée au port. Cela vaut pour les jours de la semaine allant du lundi au samedi. Chaque dimanche du Grand Carême possède ses offices du ramsho, du soutoro et du safro, et le dimanche de Hosanna possède, en plus, son office du lilyo. La Tedmrotho contient aussi les offices du ramsho et du safro de la fête des sept jeunes martyrs d'Éphèse, ainsi que les offices du ramsho, du soutoro, du lilyo et du safro de la fête des quarante martyrs de Sébaste. Durant toutes les journées du Grand Carême, les offices qui ne se trouvent pas dans la Tedmrotho sont pris de la Shhimto.

  • Hasho. Le Hasho contient les offices de la Semaine de la Passion, incluant le rite d'adoration de la croix pour le vendredi saint. Il contient les offices pour chaque heure canonique de chaque jour de la Semaine de la Passion.

Psautier syriaque maronite 

Originellement, les moines priaient l'entièreté du psautier quotidiennement (certains le font encore). Ce document décrit la manière de réciter le psautier selon la tradition syriaque maronite et présente un tableau comparatif de la numérotation des psaumes à travers différentes traditions (hébraïque, anglicane, grecque, latine, syriaque). Toutes les informations sont tirées de l'édition 2017 de la Shhimto, compilée par Samir Georges.